On le sait qu’il y a des silences qui sont confortables. Il y a des gens (rares) avec qui on ne se sent pas obligé de parler tout le temps.

Mais, des fois, il y a des silences étonnés, des silences fâchés, des silences outragés…pis y’a le silence frette. Bruits de criquets suivis de « pis, on mange quoi ce soir? ».

Ça m’enrage le silence frette. Il y a du monde de qui ça ne m’étonne pas, mais ça me fait quand même de la peine, ça me fâche quand même.

HEY! Je viens de te dire quelque chose, là. Je vis quelque chose, j’ai besoin que tu dises de quoi. Je comprends qu’on ne sait pas toujours quoi dire. Eh bien, conseil, dans ce temps-là, on dit « Je ne sais pas quoi dire ». Je ne parle pas du silence de « ! » qui prend quelques secondes à se traduire en « Euh… ». Je parle du silence de désert glacé, pas de vent, pas d’empreinte dans la neige, rien qui bouge, STATUE!!

J’ai vécu plusieurs épisodes de ce genre-là. La première fois, on m’a demandé ce que je faisais et j’ai répondu que je faisais un timeline des évènements parce que je devais porter plainte à la police contre quelqu’un. J’avais beaucoup de misère, des trous de mémoire, une grosse brume, pas mal de trous dans mon timeline et rien pour l’expliquer. J’ai dit que j’allais porter plainte à la police bientôt, j’avais rendez-vous. STATUUUUUUUUUUUUUUUE!!! Pus un son. Pus un mouvement. Pas de question, pas de « faut que je pense à quoi dire, là, c’est toute une bombe ». Laissez-moi vous dire que ça reste dans la gorge. Ces gens-là, des gens proches, que je pensais proches, ne sont jamais revenus là-dessus, n’ont jamais posé de question. Quelque chose s’est cassé. J’avais déjà l’habitude de me débrouiller seule parce que « comme on fait son lit on se couche »…ça a juste continué. En pire.

La dernière fois, on m’a demandé où on en était dans nos démarches et nos tests en fertilité. J’ai répondu. Tsé, quand on veut pas la réponse, on pose pas la question. Pas d’émotion particulière, je relatais ce qui se passait. STATUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUEEE!!! Hey, je viens de te dire quelque chose. Je te raconte un épisode difficile de ma vie, de notre vie à moi et mon chum, tu as posé la question. Dis quelque chose pour l’amour du saint-ciel. Mais non, rien. Pas un soupir, pas un grognement, pas même un regard, pas de « pauvre chouette ». E-rien. La conversation s’est tournée vers où on s’en allait et ce qu’on avait besoin d’acheter. J’en suis encore fâchée. La preuve ? Je l’écris sur mon blog.

C’est pas compliqué mettre une main sur l’épaule, regarder l’autre personne qui te parle, dire que tu ne sais pas quoi dire. En tout cas.