Hier, j’étais entourée de gens qui n’avaient pas d’enfants. Bizarre. La dernière fois que j’étais enceinte, c’était la norme. Là, c’est rare. J’aurais eu à expliquer bien des choses, hier, mais j’avais pas le goût, pas le temps, fallait que la réunion avance que je puisse retourner chez nous à mon chum et mon fils. À la place, je me suis fait dire que je suis négative parce que j’ai dit que ça se pouvait très fortement que je ne sois pas au prochain congrès de notre association professionnelle. J’aurais dû dire que je ne serai pas là, point.

  • Ma date prévue d’accouchement est le 26 avril. Date prévue. Ça peut être avant, ça peut être après. Tout de suite on entend « en 2015"…le congrès est en 2016. Oui, mais, un congé de maternité dure 52 semaines. Le congrès est en mai, début mai, probablement.
  • Donc, mettons que j’accouche fin avril, ça va faire quelques semaines que je suis revenue à la job et si j’accouche en mai, je ne serai pas revenue. Pensez-vous vraiment que c’est le temps de sacrer mon camp au yab’ vauvert ?
  • De plus, je suis supposée partir de la job avant mon accouchement, 2 semaines avant. Ça m’amènerait à 2 semaines avant le congrès minimum comme retour au travail. Vrai? Faux. J’aurai des vacances accumulées que je vais prendre pour rester à la maison plus longtemps.
  • 52 semaines où je ne regarderai même pas mes courriels la plupart du temps, où je vais allaiter à la demande, où je vais être fatiguée et rushée. 52 semaines où je serai à la maison. À répondre aux besoins de mon enfant le jour, à ceux de mon 1er fils le soir. Là-dessus, une date une fois de temps en temps avec mon chum, le gym 2-3 fois par semaine si je suis chanceuse. Pas le temps pour rien d’autre qu’un café avec des amies ici, un brunch là, une rencontre maman-bébé par semaine peut-être.
  • La dernière fois, ma boss appelait chez moi pour me poser des questions. Cette fois-ci, j’ai un iPhone avec un afficheur. Je déteste le téléphone. Je ne réponds pas quand c’est un numéro inconnu, je ne réponds pas quand c’est un no de la job, je ne réponds pas après 19h, je prends mes messages une fois sur deux…bref. Ma vie personnelle est au premier plan.
  • À mon retour au travail en 2013, ma vie professionnelle avait pris le backseat pas rien qu’à peu près. Comment dire…ma vie professionnelle est dans le chemin de ma vie personnelle. Ça ne sera pas différent la 2e fois. Pas parce qu’on a une job 25 heures semaine que ça veut dire que tout le reste cesse d’exister : vaccins, dentiste, épicerie, fêtes, etc.
  • Non, je ne m’occuperai de ma vie professionnelle pendant mon congé de maternité. Le congé de maternité c’es pas un congé pantoute. Je n’ai pas plus de temps qu’avant d’accoucher.
  • Au bout des 52 semaines, ça va être un GROS changement de routine pour le retour au travail. Si vous n’avez pas d’enfant, vous ne saisissez pas le choc de ce retour au travail après 1 an à la maison sauf si vous avez été en arrêt de travail et même là, vous n’avez que vous à préparer. Tout a besoin d’être coordonné : les réveils, les repas, le départ de la maison, le retour du soir, la garderie, la routine du dodo, les commissions…pis il faut travailler 7 heures là-dessus. Pour vous donner une idée, on se lève à 5h30, un de nous deux se rend au travail pour 7h et l’autre va porter le petit à la garderie et rentre plus tard le soir, on travaille, on revient, faut souper à 17h30 max, le bain se donne à 18h30 et le petit se couche à 19h alors qu’on se couche à 21h30 max. Ça laisse 30 minutes de tête à tête avec notre fils le matin entre le déjeuner, l’habillage, etc. Ça laisse peut-être une heure le soir, si on est chanceux parce qu’on doit préparer le souper, faire nos affaires, préparer les lunchs, etc. Faque avec un 2e enfant, no way que je vais aller à un congrès même si ça me tente.Je ne laisserai pas mon chum avec 2 enfants en plein changement de routine et, à ce moment, mon 2e sera probablement en pleine anxiété de séparation et adaptation à la garderie. Croyez-moi ma famille a plus besoin de moi que mon travail a besoin de moi ou que mes amis du congrès ont besoin de moi.
  • Parlons allaitement. Je suis pro allaitement à la demande partout. On m’a dit de venir avec le bébé. Dans ma tête ça a fait « … ». Mon fils buvait aux heures le jour et aux 2 heures la nuit. Je ne verrai pas grand-chose du congrès, mes nuits vont être courtes, je ne serai pas du monde et laissez-moi vous dire que le congrès ne sera pas de tout repos. Je serai tout le temps en-dehors de la salle. Pis oui, à 1 an, un bébé est encore allaité.
  • Ce qui m’amène à si je le laisse à la maison. Mes seins vont exploser. Sérieux, ça va faire tellement mal que je ne pourrai pas me concentrer sur rien. Au congrès de 2014, à Québec, j’ai dû amener mon tire-lait au cas où. Finalement, j’en ai pas eu besoin. 6 mois avant, j’étais allée ailleurs seule pour deux nuits et je ne l’avais pas amené…catastrophe. Chaque fois que j’ai été ailleurs plus qu’une nuit sans mon fils, mes seins sont devenus des obus nucléaires. J’aurais pu crever l’oeil de quelqu’un avec. Donc, avec un bébé de 1 an, on n’y pense même pas.
  • Voyager avec un enfant, ça se fait. Voyager seule avec un enfant ça se fait. Pour la job, non. Pourquoi? Parce qu’un enfant dort mal en-dehors de chez lui (notre expérience). L’enfant dort mal? Nous aussi. Rien que comme ça, notre fils a fait ses nuits vers 18 mois. Jusqu’à ce que mon chum décide de se lever la nuit à ma place, je me levais de 3 à 5 fois chaque nuit. Il y a eu des semaines, des. semaines.de. suite, où il se réveillait aux HEURES.
  • Aussi, un enfant n’a pas des tonnes de patience. J’imagine les heures de conférences, les repas, etc. J’imagine le banquet et la soirée sociale où je vais devoir amener mon enfant de 1 an avec moi. On fait le baby-led weaning, mais je ne suis pas sûre que ce qu’on va manger va lui convenir du tout. De plus, un bébé de 1 an ça se couche tôt (voir plus haut). Donc pas de banquet pour moi.
  • Je ne me vois pas voyager en train avec mes bagages, ceux de mon enfant de 1 an, le porte-bébé, la poussette, pas de main libre pour rien. Au minimum, en voyage on doit apporter des couches, des wipes, du linge pour chaque jour et du linge au cas où, le gobelet, les ustensiles, la bavette, la doudou, les jouets.
  • Je ne me vois pas faire 2-3 jours de congrès sans dormir. Quand on voyage pour le plaisir, si on ne dort pas c’est vraiment vraiment dur et poche, mais on est en vacances alors on tough la run. Pour la job, pas question. Le congrès va être la pire affaire à m’arriver. En comparaison, me faire opérer avec anesthésie générale quand mon fils avait un mois et demi et que je devais aller au CLSC chaque jour pour les pansements, avec un tout petit bébé, c’est de la p’tite bière.
  • À mon 1er retour au travail, j’ai pogné tous les rhumes qui passaient. Avec un congrès, je m’attends à pogner pire. Mon petit aussi.
  • God forbid qu’il ait une poussée dentaire ou un rhume pendant qu’on est là. Pis God forbid que ça arrive pendant que mon chum est seul avec les deux.

Ça en fait long à dire entre deux points à l’ordre du jour, hein. Je ne suis pas négative, je suis réaliste.