40, Quarante, 1234…40.

Demain, j’aurai 40 ans. Il y en a toujours qui sont plattes et qui disent que c’est juste un chiffre. Pas pour moi. C’est pas juste un chiffre. C’est la preuve que je continue. Je ne suis pas de celles qui capotent à cause de leur âge. Je pense qu’un an de plus, c’est bon. Ça avance. Tiens-toé, la vie. J’ai survécu, j’ai changé, j’ai vieilli.

Dire qu’à 12 ans, 20 ans c’était donc vieux. À 20 ans, 40 c’était pas ben ben jeune et 60 c’était l’âge d’or. À 30 ans, 50 c’était jeune et 60 aussi. Vieux, c’était 70 et plus. Là, vieux c’est quand on n’est pas en forme, on ne bouge pas, on ne sort pas, on déprime mais on ne fait rien pour aller mieux. Ça, c’est donc vieux. Pis y’en a des vieux…de tous les âges. Au YMCA, les madames les plus en forme ont dépassé la soixantaine. Il y en a une qui fait au moins 30 minutes d’escaliers chaque jour et il y en a une qui est plus musclée que moi!

Des fois, je pense à mes amis Facebook et où j’étais quand je les ai rencontré. J’ai changé, là, depuis le primaire, le CÉGEP, telle ou telle autre job.

  • Depuis le primaire, je me suis changée en sportive ! Oui, messieurs dames, la petite fille braillarde qui avait peur du ballon est capable de l’attraper, de le relancer. Je fais de la musculation, du zumba, du pilates, de la marche, du vélo…
  • La petite fille braillarde qui avait peur de tout a ben de la misère à pleurer. Ah oui, depuis mon accouchement, j’ai la larme à l’oeil facile. Mais, pleurer ? Ça doit bien faire 10  ans que je n’ai pas pleuré à chaudes larmes pendant des très très longues minutes. 
  • J’avais peur des abeilles, des chiens, des chevaux, du bruit, du monde, de l’eau, de manger en public, de faire du vélo, du ballon, d’avoir l’air fou, de rougir de gêne, de parler au monde… Il y a quelques peurs qui sont toujours là mais bien moins pires et d’autres ont complètement disparu.
  • L’ado un peu trop bruyante et pas mal clown a fait la place à quelqu’un qui parle moins fort grâce au travail en bibliothèque. Je parle fort quand je bois deux verres de PIneau et je suis clown devant certaines personnes seulement.
  • La jeune adulte tout le temps dans sa bulle, mêlée, dans la lune est rendue…moins pire. Bon, depuis que j’ai un enfant, ma tête est tellement pleine de choses à faire, à penser, à organiser que si mon chum me parle sans me toucher, je n’entends rien.
  • L’adulte qui attendait des années avant de consulter quand quelque chose lui faisait mal (cheville droite tordue en 2004…et j’ai encore de la misère avec mon équilibre), consulte en acupuncture, en ostéo, quand elle a mal. Après avoir toughé un cou bloqué pendant deux ans, y’était temps que je déguédine. Je rentre mon bolide au garage régulièrement en visitant un ou une ostéo et l’acupunctrice! Là, j’ai 2 ostéos : un pour mon cou et mon épaule et mon genou et une pour le reste. J’ai 2 acupunctrice : une pendant les vacances de l’autre. J’ai des traitements pour la fertilité, ça ne se fait pas n’importe quand alors si mon acu est en vacances, je vois l’autre.

Avec le temps, j’ai compris et accepté que mon énergie est une caractéristique de ma personnalité, pas une maladie. J’ai appris que la dépression se soigne et qu’elle arrive quand je ne parle pas. Je peux faire ma Anne Shirley à 100 milles à l’heure. Mais, ce n’est pas parler. Le monde à qui je peux parler est rare parce que peu de gens écoutent. J’apprends à trouver les bonnes personnes. Pour faire sortir toute mon énergie, je bouge. Ça fait du bien. Quand je suis triste, j’en parle. J’essaie de vivre ce que j’ai à vivre avant que le couvercle explose. 

Au lieu de chiâler sans fin, je chiâle un coup et je change de quoi. On ne peut pas changer les gens, mais on peut changer d’amis. On peut changer notre façon de les voir et de leur réagir. On peut changer de job, de vie, de pays, de maison. On peut se faire piquer les varices, manger mieux et perdre du poids, changer la routine. On peut prendre une pause d’un environnement malsain question de laisser retomber la poussière et de se détacher.

Ce qui s’en vient pour la suite ? Un 2e bébé j’espère. Moins de gras et plus de muscles, encore plus. Un permis de conduire quand l’idée va assez avoir tourné dans ma tête (ça me prends toujours autant de temps avant de faire le saut pour des affaires de même). Éventuellement, un changement de job. Une maison, peut-être. Ma retraite en 2039.