Je n’écris pas ce qui suit pour me vanter ou pour gosser le monde. L’avantage d’un blog c’est qu’il permet de dire ce qu’on pense et ce qu’on ressent alors c’est ce que je fais.

J’associe les superwomen à des femmes qui ne savent pas dire non, qui en font trop, à contrecoeur, qui sont sur le bord du burnout parce qu’elles veulent exceller dans tout, elles veulent tout faire et ne savent plus où se pitcher. J’associe ça avec quelqu’un qui s’oblige à faire des choses, qui ressent de la pression pour se conformer à une image de la femme parfaite. Je ne sais pas où elle a pris cette image-là, la superwoman, parce que ce n’est pas l’image que j’ai pour moi et je lis plein de revues remplies de pubs et je regarde plein d’émissions (américaines, en plus!). Bref, la superfemme, ce n’est pas ma réalité.

Ça a déjà été ma réalité, par contre. Par besoin de reconnaissance, par besoin de me perdre dans le travail pour ne plus penser/ressentir, par peur de perdre une occasion… Et, oui, j’ai fait un burnout. Plusieurs, même !

Aujourd’hui, j’ai eu le temps de jouer avec mon fils, de regarder des livres et mes revues de recettes avec lui, d’aller au gym, de dîner avec mon chum, de prendre un café et de lire, de niaiser sur Facebook, d’aller chez IGA, de préparer un pain aux bleuets et basilic, de m’occuper de mon fils avant la garderie et après la garderie (évidemment, nuit, matin, soir, c’est à temps plein cette job-là et j’allaite encore au moins 5 fois par jour)…et c’est une petite journée.

Je travaille 35 heures par semaine (32 pendant l’été et 28 quand c’est l’horaire normal et que je décide de prendre une journée), je cuisine tous les jours, je vais au gym 3 fois par semaine, je fais Weight Watchers, je couponne, je lis, je marche tous les jours, je m’occupe de la plupart des tâches ménagères (une chance que mon chum en fait une partie et qu’on a une femme de ménage parce que je fais 7 brassées de lavage semaine et on n’a pas de lave-vaisselle !)…

Est-ce que j’en fais plus que les autres ? Non. Je me couche vers 21h30, je me lève de 3 à 5 fois par nuit (ça dure une dizaine de minutes chaque fois) et je me lève entre 5h et 7h. J’ai 24h dans ma journée comme tout le monde. Mon chum est très présent ce qui me permet d’aller au gym, de voir mes amies, de faire des échanges de bouffe, etc. Je suis organisée et je profite de tous les moments pour faire ce que j’ai à faire. Mon fils a des moments ou il faut le prendre tout le temps, mais c’est un garçon habituellement bien content d’être dans mes jambes, simplement. Quand je cuisine, il est dans l’armoire à Tupperware ou il joue au ballon pas loin, si je lis il est installé à côté de moi (et il m’arrache ma revue des mains pour la regarder). Tantôt, j’ai fait mon pain aux bleuets pendant qu’il était là. Il était content de manger ses céréales, de regarder son nouveau livre, de jouer dans mes plats, de jouer au ballon.

Soit les gens sous-estiment ce qu’ils font et se comparent, soit ils surestiment ce que je fais, soit je suis juste mieux organisée. Une chose est sûre, la grosse différence c’est que je ne me sens pas obligée de tout faire ça. Ça m’énerve quand quelqu’un me dit « j’ai pas le choix ». Ma mère m’a souvent dit qu’on a toujours le choix. C’est juste que, souvent, on a le choix entre quelque chose de poche et autre chose de pas ben ben mieux. J’ai le choix. Personne ne m’a tordu le bras. Essayez pour voir…ça sera pas drôle.

  • Travailler. Je pourrais lâcher ma job et rester à la maison. Je travaille parce que je veux payer mon loyer et boire du café chaque jour pis j’aime le chocolat de luxe. Pis faut ben que je paie internet si je veux blogger ! Je ne veux pas perdre mes avantages sociaux non plus. Ma collègue dit que j’ai 8 bras. Pas du tout. Je suis habituée à travailler plusieurs choses en même temps, à diviser mon temps et je sais où sont mes priorités. Je suis habituée à tout faire seule. Depuis que j’ai des collègues, je les laisse faire leurs affaires et je fais les miennes. J’ai moins de tâches alors je peux y aller en profondeur et m’occuper de mes blogs (j’ai deux blogs pour la job) et ma boss va me donner un autre projet…ou deux ou trois, je ne sais plus. Elle, elle aime ça que j’ai de l’énergie!
  • Gym. Je vais virer folle si je ne bouge pas assez. Je ne vais pas au gym pour maigrir, ça serait une vraie farce. Je me suis inscrite en 2001 pour prendre du poids ! J’étais trop maigre et je manquais d’énergie. Le gym me donne de l’énergie et me relaxe. Ça me fait sentir forte. Oui, je me trouve hot. J’aime ça m’entraîner. J’ai chaud, je shake quand j’ai fini et je commence enfin à voir mes muscles…
  • Parce que j’ai pris du poids. Alors, je fais Weight Watchers pour perdre du gras pour voir mes muscles. Je travaille assez fort mautadit. Mais, voir plus haut mon amour du chocolat de luxe. Cucpakes, chocolat, grosses portions. J’aime manger. J’aime aller au resto. J’aime cuisiner. Ben ça paraît. J’ai sous-estimé ce que je mangeais alors WW me permet de redevenir raisonnable et je mange quand même du choco, des cupcakes, etc. Je ne fais pas WW parce que je me trouve grosse ou pour plaire à mon chum. J’ai commencé parce que je sentais que j’avais perdu le contrôle sur mon alimentation.
  • Cuisiner. J’aime ça, pas compliqué. Faque faut ben aller à l’épicerie.
  • Lire. Même affaire. Je ne lis pas pour remplir ma tête mais pour me la vider. Ça prend pas grand-chose. Trajets en métro, avant de me coucher.
  • Couponner. Je veux économiser. je ne fais ça parce que c’est à la mode. Je n’ai pas de télé alors je n’ai jamais vu la téléréalité sur ce sujet-là.
  • Tupperware. J’aime les produits et je suis toute équipée alors je relâche.
  • Émissions. Je trippe sur les émissions, je suis accro. pas de télé, une chance. Vive le laptop. Je ne suis pas obligée de tout regarder. Mais, je peux très bien regarder de quoi en étant sur facebook ou en cuisinant.

Est-ce que je me sens obligée de continuer quand je commence quelque chose ? Non. J’aime pas ça ? J’arrête. Je change de voie. J’applique les droits du lecteur de Pennac à la vie de tous les jours. J’ai le droit de ne pas finir un livre. Ben, j’ai le droit de ne pas faire ce qui ne me tente pas, d’arrêter ce qui m’emmerde.

Faque…non. Je ne suis pas une superfemme. Je fais juste ce qui me tente, j’ai beaucoup d’énergie et ce n’est pas si compliqué.