Hier matin, mes deux hommes sont partis pour Ottawa, me laissant seule pour la première fois en 2 ans. La dernière fois que j’ai eu un lit à moi toute seule c’est quand je suis allée à Milwaukee, en mai 2011, juste avant de tomber enceinte. Quand je suis partie de la gare, j’étais anxieuse. Ça s’est vite calmé quand je me suis répété « confiance, confiance, confiance ». Le petit est avec son père, il est curieux alors il va tripper, ils vont avoir du fun, et je vais les revoir demain (aujourd’hui).

Non, je ne suis pas le genre de mère à brailler tout le temps que son enfant est parti. Ça m’a pris plusieurs mois avant de capoter quand je laissais le bébé à la garderie et c’est parce qu’on changeait encore de milieu de garde. J’ai des p’tits accès de paranoia, d’anxiété, mais à quoi ça sert sauf de me faire sentir tout croche ? Les chances qu’il arrive quelque chose à Maël, les chances que je ne peux pas faire confiance aux gens qui nous entourent, sont infimes. Elles existent, mais il faut ben faire confiance à moment donné !

Lors de l’absence de mes deux chéris…

  1. J’ai pu aller au gym et prendre le temps de m’entraîner et de prendre ma douche.
  2. J’ai pu magasiner (même si rendue à la maison, dans mes activités normales, je me suis rendue compte que ça ne faisait pas comme dans la cabine).
  3. J’ai regardé plein d’épisodes de Revenge et d’Awkward sans être interrompue.
  4. J’ai cuisiné des mini frittatas sans être interrompue.
  5. J’ai profité de mon salon.
  6. Je me suis émerveillée qu’après avoir déplacé, ramassé, nettoyé, ça reste comme ça.
  7. Pas de bouffe sur le plancher.
  8. J’ai pris un verre de Portageur sans m’inquiéter de l’effet que ça pourrait avoir sur Maël. Au cours prénatal on m’a dit qu’un verre une fois de temps en temps ça allait, mais j’ai toujours une p’tite inquiétude quand je bois. Je ne m’en empêche quand même pas. L’infirmière qui nous a rendu visite après la naissance m’a dit que ça faisait du bien.
  9. J’ai savouré le silence (une fois que les voisins d’en haut se sont couchés).
  10. Pas besoin de surveiller les portes, les fils, le chat, ce qui a des roulettes, les couteaux et ciseaux, la porte patio…
  11. Personne qui m’attend à la maison, pas besoin de rusher et de faire 36 affaires en même temps pour maximiser le temps.
  12. J’ai dormi sans entendre ronfler.
  13. J’ai passé la soirée et la nuit sans me réveiller parce que le bébé pleure. Vu que ça fait plusieurs semaines qu’il se réveille aux heures, c’était étrange et merveilleux.
  14. J’ai mangé ce que je voulais, à l’heure que je voulais.
  15. Là, c’est le matin et je peux déjeuner, boire mon café au complet, sans me dépêcher ou me faire interrompre.

Est-ce que ma vie avec eux est si remplie de problèmes que je saute de joie à l’idée de leur absence ? Ben non. Mais, je ne suis pas juste une bonne femme et une mère. J’aime avoir du temps pour moi toute seule. J’ai été célibataire longtemps, puis en couple quelques années avant que bébé arrive. Du temps pour moi, j’en ai chaque semaine mais au compte-gouttes et ça doit être casé entre le lever, les siestes, les repas, l’épicerie, la job, la garderie, alouette.

J’en profite. Je savoure.

La prochaine fois que ça se reproduit, ça va probablement être dans plus qu’un an !